Le rituel du hammam marocain

© Djuliet
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Contrairement à la croyance commune le hammam marocain n’est pas un bain de vapeur comme le hammam turc. C’est un hammam à chaleur sèche diffusée par le sol du hammam, et au aujourd’hui par les murs sur une demi hauteur. 

 

 

 

Les origines du hammam

 

Le hammam, eau chaude ou qui répand la chaleur ou source chaude en arabe, peut être privé ou public. Lorsqu’il est public, il se compose de trois ou quatre salles de température différente sur le principe des thermes romains que les Arabes ont découverts lors des conquêtes en Syrie. Les Arabes adoptèrent immédiatement ces rituels « à l’eau chaude » car ces derniers ne se lavaient qu’à l’eau froide. Les religieux virent dans le bain de vapeur un vrai « procédé » de purification permettant les ablutions obligatoires avant chaque prière. Le hammam prit ainsi une signification religieuse et devint rapidement une annexe à la mosquée et le lieu incontournable de la vie sociale et religieuse des musulmans. La pratique du hammam ne commença vraiment à se développer qu’au début du 7è siècle après J.C. lorsque le prophète Mohammed, conquis, en fit l’apologie. Il était convaincu que la chaleur du hammam augmentait la fertilité, et facilitait ainsi la reproduction des croyants.

 

Alors que les Romains construisaient de grands thermes publics au centre-ville, les Arabes préférèrent en construire plusieurs, plus petits, disséminés à travers la ville, à la manière des balnea romains. Comme dans les thermes, le baigneur passait à travers une série de salles, mais leur importance respective différait. Dans le hammam, le tepidarium romain fût réduit à un simple couloir menant des vestiaires au « harara » (chambre chaude) où l’on pouvait recevoir des massages spécialisés, ce qui n’était pas le cas dans le caldarium romain. Une petite pièce adjacente réservée au bain de vapeur remplaça le laconicum. Alors que le baigneur romain terminait sa séance dans une bibliothèque ou une étude, au hammam on se retrouvait dans la salle de départ, où l’on s’allongeait sur des couchettes, dans l’aire de repos : là, des serviteurs apportaient des boisssons et rafraîchissaient les baigneurs avec des éventails.

 

La pratique du hammam a suivi l’expansion de l’Islam. D’abord réservés aux hommes, des hammams ouverts aux femmes virent rapidement le jour et devinrent leur seule sortie hebdomadaire autorisée. Ils permettaient, entre autres, aux mères de choisir les futures épouses de leurs fils ou aux marieuses professionnelles, les negafas, de repérer le jeunes filles prêtes pour le mariage. Pour les femmes, le hammam deviendra leur lieu de rencontre au même titre que le café pour les hommes. 

 

La place particulière du hammam au Maroc

 

Aujourd’hui le hammam privé a laissé sa place à la salle de bain moderne bien qu’un retour aux sources s’observe avec la coexiste ces deux. Au Maroc, le hammam public reste très répandu, c’est un rituel religieux certes mais également social. Tout le monde fréquente ce lieu au moins une fois par semaine. Il comporte toujours trois ou quatre salles et les rituels ancestraux restent inchangés. Le hammam lorsqu’il est privé, ou situé dans un quartier modeste ou dans un riad, ne comporte qu’une seule salle, la plus chaude appelée barma (environ 40°). 

 

Le rituel du hammam

 

On peut certes y passer 15-30 minutes comme dans un sauna ou un bain de vapeur puis en ressortir, mais cela n’a pas beaucoup d’intérêt car on n’exploite pas les bienfaits que procure la chaleur sèche sur le corps. La sudation prépare la peau à un nettoyage en profondeur. Prévoyez entre 30 min et 1 heure selon la durée du massage.

 

Savon noir et kassa

 

Donc, après 15 minutes allongé sur le sol (selon la tradition marocaine) ou la banquette, la masseuse applique sur tout le corps le savon noir traditionnel comme un masque. C’est est une pâte végétale à base de pulpe et d’huile d’olives noires, souvent parfumée à l’eucalyptus, qui assouplit la peau et la prépare au gommage en gonflant les cellules mortes facilitant ainsi une exfoliation profonde.

 

La masseuse procède ensuite au gommage de tout le corps avec un gant de crêpe spécial hammam, appelé kassa, kis ou kissa. Si vous avez la peau sensible, mieux veut exiger un gant à crêpe fine pour éviter de ressembler à une écrevisse. Attention aussi si vous avez pris trop de soleil dans la journée, voire pire si vous avez un coup de soleil. Gommage prohibé! 

 

Ghassoul et huiles essentielles

 

La masseuse vous rince à l’eau chaude, puisée dans un seau de hammam avec une coupelle en cuivre. Votre peau est prête pour l’enveloppement au ghassoul (ou rhassoul), argile saponifère du moyen Altas marocain d’origine volcanique, riche en sels minéraux et en oligo-éléments. 

 

Laissez agir pendant 15 min. Le ghassoul se présente sous forme d’une poudre à diluer dans un peu d’eau chaude avant application. Aujourd’hui le rhassoul peut être préparé avec des ajouts de plantes aromatiques ou médicinales macérées et de l’huile essentielle de lavandin. Le ghassoul est également appliqué sur les cheveux qui leur confère brillance et souplesse sans altérer la kératine. Ses propriétés pour la peau sont nombreuses : purifiantes, émollientes, adoucissantes, anti-oxydantes. Le ghassoul donne à la peau un bel aspect satiné grâce à son pouvoir légèrement moussant qui favorise la pénétration des principes actifs des huiles essentielles. 

 

Massage et thé à la menthe

 

Nouvelle séance de rincage, la masseuse vous savonne ensuite avec des huiles essentielles de fleur d’oranger, puis vous rince à nouveau. Restez encore 5 à 10 minutes allongé au hammam avant de passer dans la salle de massage pour un massage d’une 1/2h ou d’1h à l’huile d’argan (nature ou parfumée aux huiles essentielles) aux propriétés émollientes et anti-oxydantes.

 

Le rituel trouve son épilogue dans la salle de repos ou sur la terrasse ou dans votre chambre avec un thé à la menthe à boire très chaud.

 

Bonne détente!

©dafina.net

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