Le henné, une tradition sociale qui date de l'antiquité

Tatouage au henné

Les vertus médicinales de cette plante merveilleuse sont aujourd'hui incontestables. Forme de tatouage varié et éphémère, le rituel du henné se présente comme un phénomène à la fois esthétique et médicinal. Depuis l'antiquité, les femmes s'y adonnent en Afrique du Nord et en Inde. Elles l'adoptent comme moyen de fascination et d'embellissement. "Celui-ci représente un symbole d'amour, de joie et de bonheur".

 

Le henné, (nom scientifique : Lawsonia Intermis), est un arbrisseau de la famille des Lythracées. C'est une plante ramifiée, un mélange de feuilles simples de couleur verte et blanche à quatre pétale, agencées en bouquets. Sa graine est de couleur noire, des tonalités de couleurs très variées; on part du vert jade, jusqu'au vert gris, en passant par le vert émeraude. Cette plante atteint, dans les régions du Sahara marocain, jusqu'à un mètre de hauteur. La particularité du henné marocain est cette intensité plus foncée que le vert de l'olivier.

 

Le henné est connu dans le Moyen-Orient surtout en Turquie, en Syrie et au Kurdistan. Les Hébreux ont été les premiers à l'avoir utilisé comme produit de beauté. Les Egyptiens, eux aussi, ont en eu recours pour momification. Les cheveux de Ramsès ont été passés au henné, il y a 1 300 ans avant J.-C. pour les protéger contre les aléas du temps et garder leur sacralité religieuse. Dans le Rif égyptien, le henné obéit à un code très secret. L'Afrique et le Maghreb ont découvert le henné et ses vertus bien après. Comme partout ailleurs, le henné est un élément capital dans les cérémonies mortuaires. Son usage est beaucoup plus axé sur les rites religieux, les incantations de chamanisme et des rituels de magie noire.

 

Les feuilles macérées en pâte sont utilisées en application locale pour la teinte et le traitement des cheveux. Elles sont antipelliculaires et cicatrisent les plaies. On les emploie aussi contre certaines dermatoses. Plus rarement, elles sont utilisées par voies internes pour les affections gastriques.

 

Au Maroc, les femmes et certains hommes l'utilisent souvent au hammam pour adoucir leur peau. Ce produit s'avère d'une extrême efficacité. On l'utilise aussi pour le bronzage, il donne une superbe teinte à la peau et aujourd'hui, il entre dans les compositions des produits bronzants au Brésil.

 

Le henné est également utilisé pour remédier aux inflammations dues aux travaux ménagers. Il durcit la peau et la protège contre les bactéries. Avant que le shampooing et le savon n'existent, le henné était utilisé avec le " Ghassoul " pour nettoyer et protéger les cheveux. Aujourd'hui, même chez les jeunes, le henné n'a pas totalement cédé la place aux produits chimiques. On remarque que nos grand-mères ont de très beaux cheveux et une peau douce, que nous les jeunes, n'arrivons pas à avoir.

 

Lors des fêtes et au cours des cérémonies, cette plante magique occupe une place de joie : les motifs, illustrés grâce à une seringue à grosse aiguille, peuvent, selon les croyances populaires, à la fois protéger la femme et lui conférer le charme. La veille du mariage, la femme se doit de passer par une pose du henné. "C'est une promesse de prospérité, de fertilité et d'entente entre les époux" Les hommes savent décoder les messages véhiculés par les dessins du henné. Une femme, par exemple, qui met du henné dans les campagnes marocaines et même ailleurs, compte sur la finesse de son époux qui voit en cet acte un appel à l'amour, une invitation au plaisir et une promesse de bonheur.

 

Au Maroc, le tatouage au henné est passé d'un dessin traditionnel à quelque chose de plus moderne en gardant la même symbolique érotique. La mode s'est emparée de la symbolique pour l'étendre à plusieurs domaines : La Chanson, La Mode, Le Théâtre… Désormais, de plus en plus de jeunes à travers le monde se tatouent au henné, séduits par la beauté de ses graphismes et surtout par son côté éphémère, car c'est là son atout majeur. Le tatouage au henné reprend les motifs du tatouage classique, extrêmement douloureux qui marque le corps à jamais d'une trace permanente, mais s'estompe au bout de 15 jours, permettant au tatoué de changer de dessins autant de fois qu'il le désire.

© dafina.net

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